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Flex office : les questions à se poser avant de se lancer

Le flex office est souvent présenté comme une décision d'abord immobilière. Sur le terrain, c'est d'abord une décision d'organisation, et l'immobilier suit.

Par Glodie Mukumari·7 septembre 2026·5 min de lecture

La question qui devrait venir avant le taux d’occupation

Le flex office se justifie presque toujours par un chiffre : un taux d’occupation mesuré en dessous de 100 %, souvent largement en dessous une fois le télétravail généralisé. C’est un point de départ légitime, mais ce n’est pas la question centrale. La vraie question est de savoir si les équipes concernées peuvent réellement fonctionner sans poste attitré, ce qui dépend beaucoup plus de la nature du travail que du taux d’occupation mesuré.

Une équipe commerciale très mobile, qui passe le plus clair de son temps en clientèle ou en télétravail, s’adapte en général bien au flex office. Une équipe qui a besoin de repères stables, de documents papier à proximité, ou qui travaille en binôme fixe sur des dossiers longs, s’y adapte beaucoup plus difficilement, même avec un taux d’occupation bas sur le papier.

Les points que je fais systématiquement vérifier

  • Le taux d’occupation réel, mesuré, pas estimé. Une estimation à dire d’expert se trompe souvent de plusieurs points, dans un sens comme dans l’autre. Un comptage sur plusieurs semaines, à différents moments de l’année, donne une base beaucoup plus fiable pour dimensionner le nombre de postes.
  • Le ratio de partage réaliste. Passer d’un poste par personne à un ratio de 0,7 ou 0,6 poste par personne est courant, mais un ratio trop agressif, décidé uniquement pour maximiser l’économie de surface, crée une pénurie de postes aux heures de pointe et un rejet rapide du dispositif par les équipes.
  • Le stockage personnel. Sans poste attitré, chaque collaborateur a besoin d’un espace de rangement individuel clairement dédié : casier, caisson mobile. C’est un point souvent sous-budgété alors qu’il conditionne directement l’acceptation du projet.
  • La diversité des espaces, pas seulement leur nombre. Le flex office fonctionne mieux quand il propose plusieurs typologies : postes de concentration, salles de réunion de tailles différentes, phone booths, espaces informels. Un plateau flex mais uniforme reproduit les frustrations de l’open space classique.
  • L’accompagnement du changement. Le passage au flex office change les habitudes de travail plus que le mobilier lui-même. Un projet annoncé sans explication ni période de transition rencontre en général plus de résistance qu’un projet moins ambitieux mais bien accompagné.

Ce que le flex office ne résout pas tout seul

Le flex office est parfois présenté comme une solution à des problèmes qui n’ont rien à voir avec l’occupation des postes : manque d’acoustique, absence de salles de réunion, mauvaise organisation des équipes. Réduire le nombre de postes sans traiter ces irritants déplace le problème plutôt que de le résoudre. Je regarde toujours les motifs d’insatisfaction actuels avant de proposer un dimensionnement flex, pour m’assurer que le projet répond au bon problème.

À retenir. Le flex office se décide d’abord sur la nature réelle du travail des équipes concernées, pas uniquement sur un taux d’occupation mesuré. Un ratio de partage trop agressif, un stockage personnel sous-dimensionné ou un manque d’accompagnement du changement sont les trois causes les plus fréquentes d’échec d’un projet par ailleurs bien chiffré.

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